La plupart des listes de tendances concernant les flottes sont en réalité des valeurs sûres déguisées en prévisions. Celle-ci est délibérément plus ciblée. Chaque élément ci-dessous est assorti soit d’une date précise, soit d’une date d’arrêt déjà prévue, ce qui distingue un élément de planification d’une simple lecture intéressante. Pour les exploitants de flottes belges, l’année 2026 s’annonce exceptionnellement chargée sur ces deux plans, et plusieurs de ces échéances concernent des véhicules et des processus qui n’avaient jamais été visés auparavant.
Si vous exploitez des véhicules, des remorques ou des engins en Belgique, voici une liste restreinte qu’il vaut la peine de présenter à un responsable budgétaire.
1. Le « zéro émission » a cessé d'être une ambition pour devenir une échéance fiscale
Le changement le plus important concernant la rentabilité des flottes automobiles en Belgique est d’ordre fiscal, et non technique. Les véhicules de société à essence et diesel commandés à partir du 1er janvier 2026 ne donneront plus droit à la déductibilité fiscale. Les véhicules zéro émission acquis avant le 1er janvier 2027 conserveront une déductibilité de 100 %, tandis que pour ceux acquis après cette date, le pourcentage de déductibilité diminuera progressivement au cours des années suivantes. Les hybrides rechargeables bénéficient d’un régime transitoire distinct plutôt que de subir la même chute brutale : un seuil minimal de déductibilité est prévu pour les véhicules acquis avant fin 2027, ainsi qu’un plafond plus favorable pour les modèles les moins émetteurs ; le traitement diffère selon qu’il s’agit d’entreprises ou d’indépendants. Comme cela dépend de la date exacte d’acquisition et du taux d’émissions de CO₂ de chaque véhicule, il est préférable de vérifier la situation au cas par cas avec votre comptable plutôt que d’appliquer une règle unique à l’ensemble de votre parc automobile. Le barème actuel est établi par Securex.
Concrètement, cela signifie que 2026 est la dernière année complète au cours de laquelle une voiture de fonction électrique peut être acquise au tarif le plus avantageux, et la dernière année où une commande portant uniquement sur des véhicules à essence ou diesel semble encore justifiable sur le papier.
Pour les gestionnaires de flotte, cela transforme le cycle de renouvellement en un problème d’ordonnancement. Quels sont les véhicules dont le renouvellement est prévu, dans quel ordre, et quelle est l’activité réelle de chacun d’entre eux tout au long de la journée ? C’est aux données de trajet, et non à des suppositions, qu’il revient de répondre à cette dernière question. Les cycles d’utilisation réels, les distances quotidiennes parcourues et les schémas de marche au ralenti, issus du suivi GPS, vous indiquent quels véhicules peuvent réellement passer à l’électrique dès maintenant et lesquels ne le peuvent pas, avant même que vous ne vous engagiez dans un contrat de location.
2. Les zones à faibles émissions en Belgique ont cessé d'agir de manière coordonnée à l'échelle nationale
Pendant des années, on a pu raisonnablement supposer que les zones à faibles émissions belges se renforceraient de concert, à peu près au même rythme. Cette hypothèse s'est avérée fausse.
Bruxelles a franchi le pas. Depuis le 1er janvier 2026, les véhicules diesel Euro 5 et essence Euro 2 ne répondent plus aux critères d’accès à la zone à faibles émissions (LEZ) de Bruxelles, qui s’applique aux voitures, camionnettes, bus et camions. La mise en application a suivi la règle plutôt que de l’accompagner : les amendes ont commencé à être infligées à partir de mars 2026, à hauteur de 350 euros, et peuvent être répétées. Les critères officiels et le calendrier sont publiés sur le site lez.brussels.
La Flandre a pris le contre-pied de cette décision. Le durcissement prévu à Anvers et à Gand a été suspendu ; les règles d’accès déjà en vigueur dans ces deux villes continuent donc de s’appliquer, et les véhicules désormais refusés à Bruxelles sont toujours autorisés en Flandre, dans certaines catégories moyennant le paiement d’une redevance. Les règles en vigueur dans chaque ville sont publiées par les municipalités d’Anvers et de Gand.
C’est la conséquence opérationnelle qui est intéressante. Une politique nationale unique en matière de véhicules ne permet plus d’assurer la conformité du parc automobile, car celle-ci dépend désormais de la ville dans laquelle un véhicule donné entre. Il s’agit là d’un problème de calcul d’itinéraire et d’affectation : savoir quel véhicule s’approche de quelle zone, et si ce véhicule spécifique est autorisé à y entrer. Un système d’alerte tenant compte des zones via le géorepérage constitue un moyen de contrôle nettement moins coûteux qu’une amende récurrente de 350 euros. Nous avons abordé plus en détail la situation zone par zone dans notre guide consacré aux zones à faibles émissions en Belgique en 2026.
3. Les tachygraphes seront installés dans la flotte de fourgons à compter du 1er juillet 2026
À compter du 1er juillet 2026, les fourgons d'un poids compris entre 2,5 et 3,5 tonnes utilisés pour le transport international ou le cabotage entreront dans le champ d'application de l'obligation d'installation d'un tachygraphe intelligent prévue par le paquet « Mobilité » de l'UE. Les opérations purement nationales ne sont pas concernées par cette mesure.
Il s’agit de la mesure la plus sous-estimée de l’année, car elle ne modifie pas une obligation existante, mais en crée une pour une catégorie de véhicules qui n’en avait jamais eu. Les flottes exploitant des véhicules utilitaires légers au-delà des frontières sont désormais soumises aux règles relatives aux temps de conduite et de repos, aux cartes de conducteur et à la tenue des registres qui en découle, souvent sans aucune expérience en matière de tachygraphe au sein de l’entreprise. Deux contraintes en découlent. La capacité des ateliers pour l’installation est limitée et partagée à l’échelle européenne ; prendre rendez-vous tardivement comporte donc un risque. De plus, une fois les appareils installés, quelqu’un doit télécharger et conserver les données, ce qui explique pourquoi le téléchargement à distance des données du tachygraphe revêt une importance accrue pour ces opérateurs par rapport à ceux déjà habitués à ce processus. Notre FAQ sur le CANbus et le téléchargement des données du tachygraphe aborde les aspects techniques. Les exigences belges applicables aux opérateurs de transport routier sont publiées par le SPF Mobilité et Transports.
4. L'abandon de la 2G transforme la télématique, qui passe d'un projet logiciel à un projet matériel
Les tendances en matière de connectivité apparaissent généralement dans ces classements comme une opportunité de progression. En Belgique, c'est désormais le compte à rebours.
La 3G est désactivée depuis juillet 2025. La 2G est toujours en service, précisément parce qu'elle achemine un volume important de trafic machine-à-machine, mais les opérateurs belges ont annoncé le retrait progressif de leurs réseaux 2G entre 2028 et 2029, la période de transition s'étendant généralement de 2028 à 2030. L'autorité de régulation, l'IBPT, publie un état des lieux de la situation.
Un préavis de deux ou trois ans peut sembler suffisant, jusqu’à ce qu’on le compare au cycle de renouvellement des traceurs. Tout appareil fonctionnant encore uniquement en 2G a désormais une date de fin de service définie, et un traceur qui cesse de transmettre ses données emporte avec lui l’historique du véhicule, son registre d’utilisation et la trace de sa conformité. La manière la plus honnête d’aborder cette question consiste à mener un inventaire des actifs en 2026 : déterminer quels appareils fonctionnent uniquement en 2G, identifier la date à laquelle chaque véhicule doit de toute façon être mis hors service, puis aligner ces deux éléments afin que le remplacement se fasse dans le cadre d’une visite d’entretien plutôt que d’une intervention d’urgence. Cela s’applique tout particulièrement au suivi des actifs et des remorques, où les appareils sont souvent installés une seule fois, consomment très peu de données, puis sont laissés à l’abandon pendant des années.
5. Les formalités administratives liées au fret passent au format numérique par défaut
Le sens du transport indiqué sur les documents de transport est bien établi, et il convient de préciser soigneusement les dates, car les pratiques commerciales ont tendance à les rendre floues.
Le règlement (UE) 2020/1056 relatif aux informations électroniques sur le transport de marchandises, dit « règlement eFTI », est en vigueur et s’applique à compter du 21 août 2024. Il oblige les autorités des États membres à accepter les informations réglementaires relatives au transport de marchandises transmises par voie électronique via des plateformes eFTI certifiées, cette obligation d’acceptation étant mise en œuvre progressivement d’ici 2027. Par ailleurs, et spécifiquement pour cette région, le projet pilote du Benelux relatif aux lettres de voiture électroniques (eCMR) a été prolongé jusqu'au 9 juillet 2027, ce qui explique pourquoi les opérateurs belges, néerlandais et luxembourgeois peuvent d'ores et déjà utiliser des lettres de voiture numériques pour les trajets transfrontaliers au sein du Benelux.
La tendance à laquelle il faut se préparer n'est pas la suppression totale du papier à une date précise. Il s'agit plutôt du fait que le format numérique deviendra la norme lors des contrôles routiers, tandis que le papier deviendra l'exception qu'il faudra présenter. Pour les flottes qui enregistrent déjà électroniquement les preuves de livraison, les horodatages et les données d'expédition, cela ne sera qu'une simple formalité. Celles qui doivent encore recouper les documents papier avec un système de suivi distinct devront effectuer ce travail d'intégration deux fois.
6. L'intégration l'emporte sur un autre tableau de bord
Au cours des dernières années, on a observé une évolution notable dans le domaine des logiciels de gestion de flotte : on s'est détourné des systèmes autonomes, chacun disposant de son propre écran, pour s'orienter vers des données intégrées directement là où le travail s'effectue : paie, ERP, facturation, planification, maintenance.
La raison est bien banale. Un tableau de bord que personne ne consulte ne permet pas de prendre de décisions, alors que les mêmes données relatives aux trajets et aux conducteurs, intégrées dans les systèmes de paie ou de facturation, évitent la ressaisie manuelle et les erreurs qui en découlent. Les deux points de conformité mentionnés ci-dessus le confirment, car les enregistrements du tachygraphe et les justificatifs d'accès aux zones ne sont utiles que s'ils peuvent être fournis sur simple demande, plutôt que d'avoir à être reconstitués. Suivo met cela en évidence grâce à des intégrations via API, ce qui fait généralement la différence entre un système qui est adopté et un système qui est simplement toléré.
7. L'IA et la maintenance prédictive, évaluées à l'aune des données sous-jacentes
La maintenance prédictive et l'analyse assistée par l'IA s'avèrent véritablement utiles dans le cadre des flottes, notamment en matière de consommation de carburant et d'énergie, d'accompagnement des conducteurs sur leur comportement au volant, ainsi que pour identifier les schémas de défaillance à l'origine des pannes sur la route.
La mise en garde qu’il convient de garder à l’esprit pour toute évaluation en 2026 est que l’efficacité de ces techniques dépend entièrement de la qualité des données du véhicule qui les alimentent. Un modèle construit à partir de positions incomplètes, de valeurs CANbus manquantes ou de traceurs se déconnectant d’un réseau en fin de vie produira des résultats apparemment fiables, mais fondés sur des lacunes. C’est là le lien concret entre les points quatre et sept : la mise à jour de la connectivité n’est pas seulement une formalité de conformité, c’est ce qui donne toute sa valeur à l’analyse.
8. Les données relatives aux véhicules et celles concernant le personnel ne sont plus gérées dans des systèmes distincts
La dernière tendance est celle qui concerne plus particulièrement la Belgique. L'enregistrement du temps de travail est en passe de devenir une obligation générale pour les employeurs, tandis que le contrôle du respect des temps de conduite et de repos dans le secteur des transports se durcit parallèlement. Ces deux axes convergent vers une seule et même question : quand cette personne travaillait-elle, et où ?
Les données relatives à la flotte et au personnel faisaient traditionnellement l'objet d'achats distincts. Elles sont de plus en plus souvent regroupées dans un seul et même registre, en particulier pour les opérateurs gérant des équipes mixtes réparties sur plusieurs sites et véhicules, comme c'est le cas dans les secteurs du transport, de la logistique et de la construction. Le fait de relier l'enregistrement des temps de travail aux déplacements des véhicules permet de vérifier les heures travaillées plutôt que de se fier à des déclarations sur l'honneur, ce qui correspond exactement aux exigences d'une inspection. Nous avons examiné comment cela se traduit concrètement pour les transporteurs en matière d'enregistrement des temps de travail dans le secteur belge des transports, et Van Moer est un exemple concret de cette approche combinée.
Que faire concrètement en 2026 ?
Voici un résumé, classé par ordre chronologique des dates limites :
- Vérifiez les commandes de véhicules en attente à la lumière du changement de règles de déductibilité prévu au 1er janvier 2026 avant de confirmer toute commande de véhicule à moteur thermique.
- Vérifiez si un véhicule pénètre dans la zone à faibles émissions (LEZ) de Bruxelles et si ce véhicule en particulier remplit toujours les conditions requises. Faites-le avant le mois de mars, avant que les amendes ne s’accumulent, plutôt qu’après.
- Répertoriez tous les utilitaires de 2,5 à 3,5 tonnes qui franchissent une frontière et prenez rendez-vous suffisamment tôt pour l'installation d'un tachygraphe, avant le 1er juillet 2026.
- Faites l'inventaire de vos dispositifs de suivi pour les équipements exclusivement 2G et intégrez leur remplacement dans le programme de maintenance prévu, plutôt que d'attendre la fin de service.
- Demandez-vous à quoi sont reliées vos données télématiques. Si la réponse est « uniquement à un tableau de bord », c'est là que réside la lacune.
Parlez à Suivo
Suivo développe des solutions de suivi de véhicules, de gestion des actifs et de gestion des effectifs pour les opérateurs belges ; cela signifie que les délais mentionnés ci-dessus sont également ceux que nos clients doivent respecter. Si vous souhaitez examiner en détail ce qui s'applique à votre propre flotte, réservez une démonstration gratuite et nous passerons tout cela en revue avec vous.