En Belgique, un « prikklok » (pointeuse) n’est plus seulement un boîtier accroché au mur. Pour une équipe de chantier ou de terrain, la solution idéale consiste généralement en une combinaison de plusieurs éléments: une application mobile pour les équipes, un badge à utiliser sur un terminal de chantier pour les travailleurs ne disposant pas de téléphone professionnel, et un système d’enregistrement dans le véhicule pour les conducteurs. Aucune loi belge n’impose l’utilisation d’un « prikklok », et la réglementation prévue pour 2027 ne l’exige pas non plus. Ce qui importe, c'est que chaque méthode soit fiable, adaptée au lieu de travail et conforme à la législation sur la protection de la vie privée. Évitez les pointeuses à empreintes digitales.
Le logiciel de suivi des temps de travail de Suivo permet aux collaborateurs sur le terrain d'enregistrer leurs heures via l'application mobile, un badge, une borne d'enregistrement fixe sur le site ou automatiquement grâce à leur véhicule. Vous trouverez ci-dessous un comparatif pour vous aider à faire votre choix.

Qu'est-ce qu'un « prikklok » aujourd'hui ?
Ce terme vient de l'ancienne pointeuse : on insérait une carte en papier dans la machine, qui imprimait alors l'heure. Les acheteurs belges recherchent encore aujourd'hui le terme « prikklok », mais les appareils ont évolué. Sur le marché, on trouve également le terme « tikklok » (pointeuse tactile), qui désigne généralement un écran tactile, une tablette ou une application sur laquelle il suffit de toucher l'écran pour pointer.
Il existe aujourd'hui quatre formes principales :
- Terminal mural : dispositif fixe installé à l'entrée d'un dépôt, d'un atelier ou d'un bureau. Les employés s'enregistrent à l'aide d'un badge, d'une carte ou d'un code PIN.
- Lecteur de badge sur un terminal de chantier : terminal mobile ou « werfpaal » (poteau de chantier) présent sur un chantier. Les ouvriers y présentent leur badge ou leur carte d'identité.
- Application pour smartphone : le salarié enregistre ses heures de début et de fin de travail ainsi que ses pauses depuis son propre téléphone ou un téléphone professionnel.
- Enregistrement du véhicule : le conducteur s'identifie dans la camionnette ou le camion, par exemple à l'aide d'un badge RFID, d'un bouton ou d'une carte. La journée de travail commence dès qu'il s'enregistre à cet endroit.
Sur les chantiers, ce même appareil remplit souvent une double fonction : il enregistre la présence sur le chantier pour la RSZ (Check in at Work , désormais « Check in and out at work » à partir du 1er avril 2027) et les heures travaillées pour la paie. Suivo décrit trois méthodes pour Check in at Work: l’application, une borne mobile acceptant la carte d’identité belge et d’autres moyens d’identification, ainsi qu’une « boîte noire » installée dans le véhicule.
Comment se comparent ces différentes options ?
| Méthode | Précision | Profil des coûts | Risque de fraude | Le choix le plus adapté |
|---|---|---|---|---|
| Terminal mural avec badge ou code PIN | Valeur maximale pour un emplacement fixe | Matériel par site | Moyen : un collègue peut utiliser le badge d'une autre personne | Dépôts, ateliers, bureaux |
| Badge à un terminal ou à un poteau du site | En hauteur sur le chantier | Matériel par site, transféré d'un site à l'autre | Moyen | Chantiers de construction comptant de nombreux ouvriers, ouvriers ne disposant pas d'un téléphone professionnel |
| Application pour smartphone | Élevée si l'heure est extraite de l'horloge de l'appareil au moment de l'enregistrement | Faible coût matériel, nécessite des téléphones et un accès à Internet | Faible à moyen : plus difficile de s'inscrire à la place de quelqu'un d'autre | Équipes se déplaçant d'un site à l'autre, petites équipes, techniciens |
| Immatriculation du véhicule (badge ou insigne) | Niveau élevé pour les conducteurs | Équipement par véhicule | Faible : lié au véhicule et à l'identifiant du conducteur | Chauffeurs de poids lourds, chauffeurs de camions à béton prêt à l'emploi, chauffeurs de fourgons de service |
| Lecteur d'empreintes digitales ou de reconnaissance faciale | Élevé | Matériel par site | Faible | Non recommandé en Belgique (voir la section « Confidentialité » ci-dessous) |
| Feuille de temps sur papier ou Excel | Faible : complété a posteriori | Pas de matériel, temps d'administration important | Élevé | Uniquement pour les très petites équipes, à titre de solution temporaire |
Deux remarques pratiques concernant la construction :
- Couverture réseau : une application a besoin d'une connexion mobile pour envoyer des données en temps réel. Demandez ce qui se passe sur un site où il n'y a pas de couverture.
- Téléphones : tous les salariés ne disposent pas d’un téléphone professionnel, et certains clients interdisent l’utilisation des smartphones sur leur site. Un badge permet de résoudre ces deux problèmes. Dans ses recommandations pratiques relatives au nettoyage des sites, dans la rubrique « Enregistrement à l’arrivée et au départ du travail », la RSZ elle-même préconise un système de badges comme alternative lorsque les smartphones sont interdits.
Pour en savoir plus sur le choix de l'emplacement, consultez notre comparatif entre l'application «Check in at Work » et un piquet de repérage.
L'utilisation d'une pointeuse est-elle obligatoire en Belgique ?
Non. Il n'existe actuellement en Belgique aucune règle générale précisant quel dispositif doit être utilisé pour enregistrer le temps de travail.
Trois choses sont vraies en même temps :
- La règle générale prévue n'en exige pas. Le gouvernement prévoit de rendre obligatoire l'enregistrement du temps de travail à compter du 1er janvier 2027, avec une période de transition allant jusqu'au 31 mars 2027. En septembre 2026, il s'agit encore d'un projet de loi. Selon Securex, le gouvernement a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’avait pas l’intention d’imposer l’utilisation d’une pointeuse, et une proposition de résolution sur l’enregistrement du temps de travail précise que cet enregistrement « ne concerne pas nécessairement les systèmes de pointeuse, mais un moyen de mesurer le temps de travail ». Le ministre a indiqué que la loi n’imposerait pas de méthode ou de technologie spécifique, pour autant que le système enregistre le temps de travail effectif de manière objective et fiable.
- Le droit de l'Union européenne fixe un objectif, et non un moyen précis. La Cour de justice de l'Union européenne (affaire C-55/18) exige un système objectif, fiable et accessible, tout en laissant à chaque État membre le soin d'en définir les modalités.
- Certaines formalités d’enregistrement sont déjà obligatoires. La présence sur les chantiers d’une valeur de 500 000 euros ou plus et pour les livraisons de béton prêt à l’emploi (Check in at Work dès aujourd’hui, et à partir du 1er avril 2027, l’enregistrement à l’arrivée et au départ du travail, selon la RSZ), ainsi que les écarts par rapport à l’horaire publié d’un salarié à temps partiel. Pour le système CIAO, la RSZ mentionne l’enregistrement sur un smartphone via son service en ligne (code QR ou URL), ou à l’aide d’un badge, d’ Track et trace ou d’une autre application connectée via son service web. Elle ne mentionne pas d’horloge murale.
Quel que soit votre choix, votre « arbeidsreglement » (règlement du travail) doit préciser comment le travail est mesuré et contrôlé pour déterminer la rémunération, conformément aux dispositions du SPF WASO (Service public fédéral Emploi). L'adoption d'une nouvelle méthode implique donc de le mettre à jour.
Notre article consacré à la question de savoir si le « prikklok » sera obligatoire en 2027 présente les deux réglementations côte à côte.
Que dit la GBA au sujet des empreintes digitales et du GPS ?
Empreintes digitales. L’Autorité belge de protection des données (GBA) considère les données biométriques, telles que les empreintes digitales et la reconnaissance faciale, comme une catégorie particulière au sens du RGPD. Leur traitement est interdit, sauf en cas d’exception spécifique. En raison du déséquilibre des pouvoirs qui existe dans le cadre professionnel, la GBA estime qu’on ne peut pas se fonder sur le consentement des salariés et qu’une base juridique démontrant la proportionnalité du traitement est presque toujours nécessaire. Même dans ce cas, le modèle d’empreinte doit en principe rester entre les mains du salarié, par exemple sur un badge.
Ce n'est pas de la théorie. Dans sa décision n° 114/2024, la Chambre des litiges de la GBA a estimé que le système d'enregistrement des horaires par empreintes digitales mis en place par un employeur enfreignait le RGPD. Les empreintes digitales constituaient la seule méthode d'enregistrement des horaires utilisée. La Chambre a infligé une amende de 45 000 euros (réduite par rapport au montant initialement proposé de 90 000 euros). Notre conseil : utilisez plutôt un badge, une application ou un code PIN.
GPS et localisation. La page de la GBA consacrée à la géolocalisation indique qu’il n’existe pas de réglementation belge spécifique en la matière, mais que le RGPD s’applique dans son intégralité. Points clés concernant l’enregistrement des temps de travail :
- Précisez clairement, dans une politique claire, les objectifs et la fréquence de la surveillance. Une simple mention du « suivi par GPS » dans le règlement intérieur ne suffit généralement pas.
- Une surveillance permanente et systématique est, en principe, disproportionnée.
- Le système doit pouvoir se désactiver lorsque le salarié utilise le véhicule en dehors des heures de travail.
- Un dispositif de géolocalisation installé dans un véhicule ne peut pas être utilisé pour calculer le temps de travail des salariés s'il existe déjà un autre système à cet effet.
Ce dernier point est important dans le cas de configurations mixtes. Choisissez une seule source d’enregistrement des heures par salarié et n’utilisez pas les données de localisation pour recalculer les heures déjà enregistrées par un badge ou une application. Pour les pointages à l’arrivée et au départ du travail, le GPS n’est pas obligatoire : dans la FAQ de la RSZ consacrée au nettoyage, les salariés peuvent choisir la localisation automatique ou saisir une adresse manuellement.
Consultation. Dans les entreprises comptant en moyenne 50 salariés ou plus, un nouveau système peut relever de la convention collective n° 39 s’il a des conséquences collectives importantes, c’est-à-dire s’il concerne au moins 50 % des salariés et au moins 10 salariés d’une catégorie professionnelle donnée. Dans ce cas, vous devez informer et consulter les représentants du personnel au plus tard trois mois avant de commencer à le mettre en œuvre.
Comment faire son choix en 5 questions ?
1. Où commence la journée de travail ? Au dépôt (terminal mural ou badge), sur le chantier (badge à un poteau ou application), ou dans le véhicule (numéro d'immatriculation) ?
2. Est-ce que tout le monde dispose d'un téléphone professionnel ? Si ce n'est pas le cas, ou si les clients interdisent l'utilisation des téléphones sur le site, prévoyez des badges pour ces employés.
3. Y a-t-il une couverture réseau sur vos sites ? Vérifiez comment l'application se comporte hors ligne et à quel moment elle envoie les données.
4. Quelles données doivent en ressortir ? La présence sur site pour la RSZ, les heures pour la paie, ou les deux ? Une seule inscription devrait permettre d'alimenter les deux.
5. Pouvez-vous démontrer que cette mesure est équitable et proportionnée ? Pas de données biométriques, une seule source claire pour le décompte des heures par personne, une politique écrite et un règlement intérieur mis à jour.
Si la réponse à la question 1 est « à plusieurs endroits », vous savez déjà que vous aurez besoin de plusieurs méthodes.
Comment combiner différentes méthodes au sein d'équipes hétérogènes ?
La plupart des entreprises belges du bâtiment et des transports regroupent sous un même toit des équipes de chantier, des chauffeurs, du personnel d'atelier et du personnel administratif. Il est rare qu'un seul appareil convienne à tout le monde. Une solution pratique :
| Groupe | Méthode | Pourquoi |
|---|---|---|
| Équipes de chantier | Application ou badge fixé au poteau du site | Inscription sur le lieu de travail |
| Salariés ne disposant pas d'un téléphone professionnel | Insigne | Pas besoin de téléphone |
| Conducteurs de camions et de camions de béton prêt à l'emploi | Immatriculation des véhicules | La journée commence dans la cabine |
| Personnel de l'atelier et du dépôt | Terminal mural avec badge | Emplacement fixe |
| Personnel administratif | Application ou site web | Pas de matériel |
La règle qui permet d'y parvenir : chaque méthode traite un seul enregistrement, avec un seul ensemble de règles de validation et un seul transfert vers la paie. Sinon, vous troquez un problème « papier » contre quatre problèmes « numériques ».
Hooyberghs, qui fait partie du groupe B&R Bouwgroep, avait besoin d’un système permettant d’enregistrer correctement plus de 300 ouvriers du bâtiment répartis sur plus de 70 chantiers à travers la Belgique, et a choisi Suivo. « Nos collaborateurs peuvent pointer facilement grâce à leur badge », explique Kurt Baggen, directeur administratif. « Nous estimons que cela nous permet d’économiser l’équivalent de deux ETP. » Découvrez l’ étude de cas du groupe B&R Bouwgroep.
Vous travaillez également aux Pays-Bas ? Les règles y sont différentes. Consultez notre guide sur les pointeuses pour les équipes de terrain aux Pays-Bas. Et pour une vision plus globale du marché, consultez notre aperçu des outils numériques d'enregistrement du temps de travail en Belgique.
Questions fréquemment posées
Existe-t-il une application gratuite « prikklok » ?
Il existe des applications gratuites de pointage, mais vérifiez où les données sont stockées, si vous pouvez les exporter vers votre secrétariat social et si l'application enregistre les pauses et les corrections avec une trace. La RSZ dispose de son propre service en ligne gratuit pour la gestion des présences sur site, qui fonctionne également sur smartphone, mais qui enregistre la présence pour la RSZ, et non les heures de travail pour la paie.
L'utilisation d'une pointeuse est-elle obligatoire en Belgique ?
Non. Aucune loi belge n'impose l'utilisation d'une pointeuse. Le gouvernement prévoit d'instaurer une obligation générale d'enregistrement du temps de travail à compter du 1er janvier 2027, mais en septembre 2026, il s'agit encore d'un projet de loi, et ce projet n'impose ni l'utilisation d'une pointeuse ni aucune technologie spécifique.
Comment fonctionne un « prikklok » ?
Le salarié pointe à son arrivée et à son départ à l'aide d'une carte, d'un badge, d'un code PIN, d'un smartphone ou d'un bouton situé dans le véhicule. Le système enregistre l'heure et l'identité du salarié ; les heures sont ensuite vérifiées et transmises au service de la paie.
Est-il obligatoire de pointer au travail en Belgique ?
Pas de manière générale, à compter de septembre 2026. Son utilisation est obligatoire sur certains chantiers de construction et de nettoyage, et tout écart par rapport à l’horaire publié d’un salarié à temps partiel doit être consigné. Une obligation générale est prévue pour 2027, mais elle n’a pas encore force de loi.
Choisissez la méthode par équipe, conservez un seul enregistrement
Commencez par le groupe qui vous demande le plus de travail administratif aujourd’hui, souvent les équipes de chantier ou les chauffeurs. Ajoutez des badges, des applications ou l’enregistrement des véhicules pour les autres sans remplacer ce qui fonctionne déjà. Nous vous montrerons quelle méthode convient à chaque équipe et dans quels cas une option plus simple suffit.