Avant qu’un travailleur flexible ne travaille ne serait-ce qu’une heure pour vous, un document écrit doit déjà exister : la convention-cadre de travail flexible, la « raamovereenkomst ». Elle définit les conditions générales de la relation de travail et doit précéder la première mission, et non la suivre. Si vous commettez une erreur à ce niveau, chaque mission qui s’appuie sur cette convention sera remise en cause, car une convention-cadre antidatée ne peut pas être régularisée a posteriori. Les solutions de gestion des effectifs de Suivo prennent en charge les tâches quotidiennes qui découlent de cet accord : la planification des horaires, les déclarations du jour même et les relevés de temps, mais c’est l’accord lui-même qui constitue votre base. Ce guide précise ce qu’il doit contenir, pourquoi le respect des délais est impératif et quel est son lien avec le DimDay que vous déposez avant chaque service.
Qu'est-ce que l'accord-cadre sur le « flexi-job » ?
L'accord-cadre est le contrat permanent qui lie l'employeur et le travailleur flexible. Il ne s'agit pas d'un contrat portant sur un seul service, mais d'un cadre général dans lequel s'inscrivent les différents services proposés et effectués par la suite. On peut le considérer comme composé de deux niveaux :
- L'accord-cadre (raamovereenkomst): les conditions générales de la relation de travail, signées une seule fois, avant la première prise de service.
- Le contrat de travail flexible individuel par mission: activé poste par poste, il peut être conclu oralement ou par écrit selon les modalités convenues, et est déclaré via le système Dimona du jour même (DimDay).
C'est l'accord-cadre qui confère, avant tout, sa légitimité à la relation de travail flexible. Sans lui, les contrats de travail flexibles qui en découlent ne reposent sur aucune base valable, même si les déclarations sont ensuite effectuées en toute régularité.
Que doit contenir l'accord-cadre ?
La réglementation belge exige que le « raamovereenkomst » énonce clairement les conditions générales. Il doit au minimum inclure :
- L'identité des deux parties: l'employeur et le travailleur flexible.
- Les modalités de proposition et d'acceptation des emplois flexibles: comment les horaires sont proposés et comment le salarié signale sa disponibilité.
- Le salaire flexible convenu, qui doit respecter le plafond applicable. Dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, ce plafond est fixé à 21 € par heure (indexé) ; dans les autres secteurs, il correspond à 150 % du salaire de base minimum sectoriel, hors certaines indemnités et primes. Toute rémunération dépassant ce plafond perd son statut de salaire flexible et est soumise aux cotisations normales sur l'excédent.
- La fonction ou la nature du travail que le salarié sera amené à effectuer.
- Les modalités relatives au préavis ou à la durée régissant la relation.
Parallèlement à cet accord, conservez les justificatifs attestant que le salarié remplit bien les conditions d'éligibilité. Un salarié en « flexi-job » doit avoir travaillé au moins 4/5 d'un temps plein auprès d'un ou plusieurs autres employeurs au cours du trimestre de référence (T-3), ou être légalement à la retraite. L'accord-cadre ne remplace pas cette vérification d'éligibilité, il s'ajoute à celle-ci. Pour savoir qui est éligible, consultez notre guide explicatif sur la règle des 4/5.
Pourquoi doit-il précéder la première équipe ?
Le régime du « flexi-job » étant particulièrement avantageux, ses conditions sont strictes, et le respect des délais en fait partie. L'accord-cadre doit être établi par écrit avant le premier jour de travail du salarié. Il ne s'agit pas d'une formalité que l'on peut régler a posteriori :
- Un accord-cadre signé après le premier changement d'horaires ne légitime pas rétroactivement ce changement.
- Un inspecteur du travail considère l'absence ou la datation antérieure d'un « raamovereenkomst » comme un manquement, et c'est l'un des premiers documents qu'il demande à voir.
- Si le dispositif est défaillant, les missions qui en relèvent risquent d'être reclassées en emploi régulier, ce qui entraînerait l'obligation pour l'employeur de verser l'intégralité des cotisations sociales et la perte de l'avantage fiscal dont bénéficie le salarié.
La règle à suivre est simple : pas d'accord-cadre écrit, pas d'horaires flexibles. Commencez par mettre le document en place, puis planifiez.
Quel est le lien entre l'accord-cadre et DimDay ?
C'est là que les employeurs confondent le plus souvent deux notions distinctes. L'accord-cadre et le DimDay ne sont pas des alternatives, mais deux niveaux obligatoires qui fonctionnent de concert.
- L'accord-cadre est le contrat-cadre. Il est conclu une seule fois et régit l'ensemble de la relation.
- Le « DimDay » est la déclaration par service. Il s'agit d'une déclaration Dimona déposée le jour même, avant chaque service, avant que le salarié ne commence à travailler. Il n'y a pas de délai de grâce et cette déclaration ne peut pas être déposée rétroactivement.
Les deux sont indispensables, à chaque fois. Un contrat-cadre parfait ne compense pas l’absence de DimDay : si vous omettez de faire la déclaration, cette journée sera considérée comme un jour de travail régulier, avec des cotisations intégrales et la perte de l’avantage fiscal. De même, un DimDay déclaré ne compense pas l’absence de contrat-cadre. Pour connaître les modalités de la déclaration elle-même, consultez notre guide explicatif sur le DimDay, et pour une vue d’ensemble du dispositif, notre guide 2026 destiné aux employeurs sur les emplois flexibles.
Une mise en garde importante avant de rédiger quoi que ce soit : assurez-vous que votre comité paritaire n’ait pas choisi de ne pas appliquer le régime des « flexi-jobs ». Depuis le 1er juillet 2026, les « flexi-jobs » sont ouverts à presque tous les secteurs, mais ceux-ci peuvent demander à en être exclus par arrêté royal et, pendant la période de transition de 2026, choisir de ne pas les appliquer sur une base trimestrielle. Vérifiez d’abord la position de votre comité paritaire auprès du SPF Emploi et de l’ONSS/RSZ. S’il a choisi de ne pas y participer, aucun accord-cadre ne rendra un « flexi-job » valable dans votre secteur pour cette période.
Mettez en place les bases nécessaires, puis déployez-le sur une seule plateforme
La mise en place de l’accord-cadre est une tâche ponctuelle à réaliser correctement. Ce qui suit – proposer des plannings, remplir un DimDay avant chaque planning, saisir les heures par voie électronique et les exporter vers la paie – constitue une tâche récurrente, et c’est là qu’une plateforme connectée prend tout son sens. Lorsque chaque service est planifié et déclaré sur le même système que celui qui contient les relevés d’heures, chaque mission individuelle est clairement rattachée au cadre dans lequel elle s’inscrit, et votre piste de conformité ainsi que votre paie concordent. C’est bien plus fiable qu’un PDF signé rangé dans un tiroir et une pile de déclarations séparées.
S'appuyer sur une documentation solide
La fiabilité d'un « flexi-job » dépend entièrement de l'accord sur lequel il repose. Mettez l'accord-cadre par écrit avant le premier jour, conservez vos justificatifs d'éligibilité à portée de main et associez chaque prise de service à un DimDay valide. Faites-le systématiquement et vous disposerez d'une main-d'œuvre flexible capable de résister à n'importe quel contrôle.